Historique
Au Québec, c'est l'échec d'une certaine psychiatrie sociale qui a fait naître le désir de chercher "ailleurs et autrement" les moyens de répondre à la souffrance émotionnelle.
En 1987, suite aux allocations d'enveloppes budgétaires pour l'implantation de différents services de crise au Québec, les intervenants ont amorcé un questionnement sur les besoins propres à leur réalité régionale pour être en mesure de faire les recommandations les plus appropriées. Dans Lanaudière, la recommandation inscrite au PROS (Plan régional d'organisation de services en santé mentale Lanaudière), en avril 1994, a été de prioriser le développement d'une ressource non institutionnelle d'intervention de crise, créée et gérée par un organisme communautaire. C'est à la suite de cette recommandation que le ROCASML (Regroupement des organismes communautaires et alternatifs en santé mentale de Lanaudière) a présenté un projet à la Régie régionale de Lanaudière qui portera, plus tard, le nom de Services de crise de Lanaudière.
Le comité d'implantation de la ressource a été formé dans une perspective de concertation entre les partenaires des différentes instances et secteurs d'intervention. Le modèle d'intervention bio-psycho-sociale a été privilégié et ce, en concordance avec les travaux du comité de concertation en santé mentale. Ce champs d'intervention visait à favoriser l'émergence de pratiques novatrices découlant d'un nouveau concept de la santé mentale dont la région s'était doté et voulant que la personne soit active dans la résolution à ses problèmes.
Le projet prit son envol le 1er juin 1996 par l'ouverture de lignes d'intervention téléphonique, 12 heures par jour et 7 jours semaine s'adressant aux personnes âgées de 12 ans et plus, vivant une situation de crise et demeurant sur le territoire de la région de Lanaudière. L'objectif principal était alors d'arriver à baisser les tensions de l'individu en état de crise et d'éviter une hospitalisation. Le projet comportait deux autres phases, soit l'intervention face à face et la mise en place d'un centre de crise.
Aujourd'hui, l'équipe des SCL; autant les membres du CA que la coordination et l'équipe de travail, reconnaît l'urgence de répondre dans l'immédiat aux différentes demandes d'hébergement de crise. Mais nous devons aussi avoir un regard neuf sur les autres facettes du projet. Par exemple, nous devons maintenant prendre en compte que les services téléphoniques se sont multipliés au cours des dernières années sur le territoire sans toutefois abandonner ce que nous offrons déjà.
Référence : Les Services de Crise de Lanaudière "ailleurs
et autrement…mais surtout au bon moment", mars 1997.
Nous considérons ce changement de cap comme une opportunité de
mieux remplir notre mandat auprès de la population en général.
Nous estimons important d'élargir rapidement notre champs d'action à
tous les secteurs d'intervention. Nous croyons fermement que tout individu en
situation de crise a droit à des services adéquats et plus tôt
sera l'intervention mieux ce sera pour prévenir l'alourdissement, la
persistance des situations et le recours à l'hospitalisation.
Aujourd'hui, nos deux maisons de crise offrent aux gens l'opportunité de vivre leur état crise d'une façon adéquate et sécuritaire. Ils sont accompagnés tout au long du processus de résolution de problèmes et soutenus pour développer des stratégies positives. En plus d'un accompagnement individuel, nous offrirons bientôt des rencontres de groupe et des ateliers thématiques.
Nous avons établi ces lieux d'intervention dans des endroits paisibles et agréables pour les résidents tout en étant accessibles à une panoplie de services connexes. Nos services sont offerts gratuitement aux personnes autonomes âgées de 18 ans et plus, résidant dans Lanaudière et vivant une situation de crise qui nécessite un retrait temporaire de leur milieu de vie.